AaC : Comment penser l’anthropocene ? College de France, 5-6 novembre 2015

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Cher-e-s tou-te-s,

Trouvez ci-dessous la présentation d’un colloque prochain invitant les
diverses sciences humaines et sociales à réfléchir sur les façons de penser
le changement climatique et ses conséquences, accompagnée d’un appel à
communications.

COLLOQUE

COMMENT PENSER L’ANTHROPOCENE ?

Anthropologues, philosophes et sociologues face au changement climatique

Coordonné par Catherine Larrère et sous l’égide de Philippe Descola,
organisé en partenariat entre :

Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo) à l’Université
Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Collège de France

Fondation de l’écologie politique

https://anthropocene2015.wordpress.com

PRESENTATION

En décembre 2015, la 21ème Conférence des parties sur le climat,
communément appelée COP21, se tiendra au Bourget, près de Paris. Cette
conférence suscite autant de craintes, que d’espoirs : beaucoup considèrent
qu’elle représente la dernière chance d’arriver à un accord contraignant
sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d’éviter une
hausse trop importante des températures, qui aurait des effets
catastrophiques.

C’est dans la perspective d’une mobilisation de tous les efforts autour
d’une solution positive, que nous appelons à un colloque international,
réunissant philosophes, anthropologues et sociologues, qui se tiendra à
Paris, au Collège de France, le 5 et 6 novembre 2015.

Notre idée est d’organiser la réflexion développée au cours du colloque
selon deux axes :

1. celui de la globalité et de la diversité du changement climatique

2. celui de la réduction et de l’adaptation comme réponses au changement
climatique

Le changement climatique est un phénomène global, c’est même par excellence
le phénomène qui manifeste le caractère planétaire des bouleversements
écologiques consécutifs aux actions humaines. C’est la raison principale
qui a conduit à considérer que la planète est sortie de l’holocène pour
entrer dans une nouvelle ère géologique – l’anthropocène – marquée par le
poids des populations humaines (et de leurs activités) sur les phénomènes
géophysiques. Mais ce changement global est aussi un phénomène diversifié,
non seulement parce qu’il affecte de façon très différente, par ses effets
sur leur milieu de vie, les populations de l’ensemble du globe, mais tout
autant parce que celles-ci y ont très inégalement contribué et ne peuvent y
répondre de la même façon.

Une fois que l’on s’est rendu compte qu’il n’était plus possible d’arrêter
un changement climatique qui est déjà là, il ne restait plus que deux
réponses possibles : la réduction des émissions de gaz à effet de serre et
l’adaptation aux effets du changement climatique. Ces deux réponses ne sont
nullement exclusives. Ce qui serait grave, ce serait de considérer qu’une
seule de ces réponses suffit : si l’on ne peut se contenter de la seule
adaptation aux changements en cours, et si c’est autour de la réduction que
doivent se concentrer les efforts volontaristes et politiques, il sera de
toute façon nécessaire de s’adapter conjointement à un changement qui est
déjà en cours et se poursuivra même si l’on parvient à réduire
drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Or, il n’y a aucune
raison de voir l’adaptation comme un processus automatique d’ajustement qui
rendrait moins urgents les efforts à consentir pour réduire les émissions
de gaz à effet de serre et qui équivaudrait à la résignation, encourageant
le “business as usual”.

Pour se saisir de ces deux axes – celui de la globalité et de la diversité,
celui de l’adaptation et de la réduction – et en articuler les enjeux, il
nous paraît nécessaire de confronter les point de vue de ceux qui étudient
et conceptualisent les rapports entre les sociétés humaines et leur
environnement dans une large perspective comparative.

APPEL A COMMUNICATIONS

Pour celles et ceux qui souhaitent se joindre à nous, nous vous invitons à
répondre à notre appel à communications ici. Nous nous pencherons sur
plusieurs questions :

– Responsabilité et justice dans la façon de répartir les efforts dans les
réponses au changement climatique, sur le long terme.

– L’hypothèse de l’anthropocène implique que l’histoire humaine et celle de
la nature se rencontrent, ce qui revient à affirmer l’unification de
l’humanité, considérée comme une force naturelle. Que signifie l’unité de
l’humanité ainsi appréhendée dès lors que l’on constate que le poids des
populations humaines dans le changement global est inégal, et qu’elles en
seront différemment atteintes ?

– La question qui se pose pour l’anthropocène se pose aussi pour les
représentations globales, scientifiques ou non, de la planète qui lui sont
associées, comme celles de Gaïa. Quels rapports entretiennent-elles avec la
diversité de la façon dont les populations humaines perçoivent les
transformations de leur milieu de vie (compte tenu de leurs visions du
monde, de leurs pratiques et de leurs savoirs) ?

– On insistera plus particulièrement sur la question de l’adaptation
jusqu’ici assez négligée par une réflexion philosophique qui s’est
volontiers focalisée sur l’héroïsation volontariste de la réduction.

– On peut aussi aborder la question, très largement débattue, de la
géo-ingénierie, ou ingénierie climatique, non seulement du point de vue des
ses effets (globaux et diverses), mais aussi pour savoir si elle relève de
l’adaptation (la technique pouvant être envisagée comme la forme humaine de
l’adaptation) ou de la réduction (puisqu’il s’agit d’agir globalement sur
le climat).

Nous accueillons les présentations en français et en anglais, dans le cadre
des deux formats différents :

– présentations individuelles (résumés jusqu’à 400 mots)

– sessions formelles (ensemble de 2 jusqu’à 4 présentations avec discussion
 ; résumés de l’ensemble jusqu’à 1000 mots, avec une introduction générale
au thème de la session proposée et des informations courtes sur les
contributions proposées)

Nous invitons les chercheurs à nous envoyer leurs propositions à l’adresse
anthropocene.conference chez gmail.com, sous format doc, docx (Microsoft Office)
ou pages (Apple Works), avant le 31 mars 2015.

Pour toute question consulter la FAQ de la liste : http://www.philfree.org/article146.html ou envoyez un message

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