Appel à communications

, par  Janie Pélabay , popularité : 1%

Bonjour à tou.te.s,

Veuillez trouver ci-après l’appel à communications pour la *section
thématique n° 29* du prochain congrès de l’Association Française de
Science Politique (AFSP) qui se tiendra à Aix-en-Provence du 22 au 24
juin 2015. Ressortissant à *la **philosophie politique de l’Union
européenne*, le but de cette section sera d’interroger ce que le
processus de l’intégration européenne fait à la théorie politique, et
réciproquement.

Vos propositions ne doivent pas excéder 5 000 signes (espaces compris)
avec éléments bibliographiques et mots clés.

Merci de les envoyer par mail au plus tard le *15 octobre 2014*,
conjointement**aux deux adresses suivantes :
carlo.invernizziaccetti chez sciencespo.fr <mailto:clohugon chez gmail.com> et
janie.pelabay chez sciencespo.fr <mailto:janie.pelabay chez sciencespo.fr>

Restant à votre disposition pour toute demande d’informations
complémentaires,
Bien cordialement,
Carlo Invernizzi & Janie Pélabay

ST 29 / Pour une théorie politique appliquée à l’intégration européenne.
État des lieux d’un champ de recherche en construction

*Carlo Invernizzi Accetti*

*Centre de Théorie Politique, Université libre de Bruxelles*

*carloinvernizzi chez gmail.com* <mailto:carloinvernizzi chez gmail.com>**

**

*Janie Pélabay*

*Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), Sciences-Po*

*janie.pelabay chez sciencespo.fr* <mailto:janie.pelabay chez sciencespo.fr>**

**

Quels sont les rapports entre lathéorie politique en tant que discipline
académique et le processus de l’intégration européenne ? De quoi est
faite une théorie politique de l’Union européenne (UE), visant à
encadrer conceptuellement ses institutions, acteurs et pratiques et/ou à
problématiser l’intégration politique de l’Europe ? Et, inversement,
quels sont les effets de l’intégration européenne sur le champ de la
théorie politique contemporaine, sur ses méthodes et ses productions
ainsi que sur les catégories de pensée avec lesquelles travaillent les
théoriciens du politique ?

La présente ST propose d’explorer ces questions sous deux angles
complémentaires : d’une part, ce que le processus de l’intégration
européenne fait à la théorie politique (première session) et, d’autre
part, ce que la théorie politique fait à l’intégration européenne
(deuxième session).

D’un côté, on peut constater que le processus de l’intégration
européenne a lui-même suscité un réexamen et une réélaboration de
plusieurs concepts centraux de la pensée politique, notamment ceux de
« souveraineté » et d’« État », de « démocratie », de « citoyenneté » et
même de /« /légitimité » ou de « communauté politique ». On a alors vu
se développer des innovations théoriques, par exemple celle de « 
/demoi-cracy/ », ainsi qu’une éclosion de concepts en « post- », avec —
au centre des débats — la figure de l’État-nation qui s’est trouvée
soit déstabilisée, soit réaffirmée. Aussi importe-t-il d’analyser la
variété des réponses théoriques au fait de l’intégration européenne,
leur pertinence pour penser l’UE et en débattre, les transformations et
crises qu’elles diagnostiquent, leur potentielle portée pratique, y
compris au regard d’autres cas ou contextes de référence.

De l’autre côté, la question de savoir ce que la théorie politique fait
au processus de l’intégration européenne conduit à réfléchir aux apports
de cette discipline à l’auto-compréhension de l’UE, d’un point de vue
tant descriptif que normatif. Ici, se pose d’abord la question dite
« ontologique », ayant trait à ce qu’/est/ l’UE en tant qu’objet
politique. Ni les désignations (« fédération », « réseau de traités
inter-gouvernementaux, « /poly-centric polity with a multilevel
regime/ », etc.) ni les « ismes » (intergouvernementalisme,
néo-fonctionnalisme, constructivisme mais aussi libéralisme politique,
/communitarianism/, néo-républicanisme ou cosmopolitisme) ne manquent,
qui invitent à examiner les « modèles » pour thématiser ce qu’est le
principe d’intégration, la forme ou le régime politique de l’Union. À
l’évidence, ces questions sont inséparables de prises de position
théoriques sur ce que l’UE /devrait être/ ou /devenir/, c’est-à-dire sur
les voies non seulement possibles mais aussi souhaitables pour une
intégration politique de l’Europe. Sur ce versant théorico-normatif, les
débats se centrent sur la question du « déficit démocratique » et des
moyens adéquats pour le combler, aux côtés d’autres questions plus
spécifiques, relatives aux « fins », à la fois les finalités et les
frontières, idéales ou concrètes, du projeteuropéen, ou portant encore
sur l’« identité politique » de l’UE et ses « /commonalities/ », en lien
avec la question du pluralisme et du rapport à l’Autre.

Pour finir, réfléchir aux points de contact entre théorie politique et
intégration européenne engage à poser des questions d’ordre
méthodologique où se jouent à nouveaux frais les liens complexes entre
théorie et pratique. Si l’intégration européenne est un processus « /sui
generis/ », sans précédent, s’autorisant d’un projet politique en
perpétuelle construction, par principe indéfini, quels sont les gains et
les limites des « modèles » et des « théorisations » censés s’y
appliquer ? Comment d’ailleurs se conçoit une telle « application » ?

Comme on peut le voir, l’éventail des communications susceptibles de
traiter ces questions est très large. La raison en est que la vocation
de cette ST est de procéder à une sorte d’état des lieux d’un champ de
recherche — celui d’une théorie politique appliquée à l’intégration
européenne — qui est en pleine construction. Il s’agira donc autant de
faire le point sur ce qui existe déjà, que de dégager des pistes de
recherche.

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